Nuit après nuit.

Nuit aprËs nuit, la rÈvolte des banlieues s'amplifie en France. Je ne vois aucune raison pour que Áa s'arrÍte de si tÙt. Au contraire, les pays voisins ont bien raison d'avoir peur que l'ÈpidÈmie ne s'Ètende chez eux. Il y a longtemps que le feu couve, nuit aprËs nuit, en bas des HLMs de la France entiËre.

300 arrestations cette nuit, 100 la nuit derniËre. On remplit les prisons dÈjý pleines. Et la colËre monte, monte encore, comme l'eau s'Èchappant de la brËche d'une digue rompue. Pensez-vous que la prochaine nuit sera calme. Croyez-vous qu'il n'y avait que 400 petits agitateurs en France ?

Je crois que le gouvernement est impuissant. Que les forces en prÈsence sont disproportionnÈes. Depuis 30 ans, la tempÈrature monte en bas des HLM, nuit aprËs nuit, pensez-vous qu'on arrÍte un tel incendie si facilement ? Une petite invitation par-lý, une dÈclaration par-ci et mÍme si le ministre prenait la porte.

Moi, ils me rappellent une autre gÈnÈration tout aussi explosive s'apercevant aussi, un beau jour de mai, de la puissance de la dÈmographie. Car la banlieue a la dÈmographie pour elle. Croyez-vous que c'est en ville qu'il y a le plus d'enfants ?

LibertÈ, ÈgalitÈ, fraternitÈ. Pensez-vous que les jeunes des banlieues soient libres de quitter leur ghetto ? Les chances sont-elles Ègales quand on naÓt ý Aulnaies ou Neuilly ? La question est aussi sÈrieuse que l'insulte raciste d'un ministre prÈtentieux. Il est en train de se passer quelque chose de trËs important en France.